Chute de cheveux en automne : pourquoi elle arrive et quand faut-il s'inquiéter
Des cheveux plein la brosse et sur l'oreiller dès que l'automne arrive : cette chute est le plus souvent saisonnière et passagère. Comment la distinguer d'une chute réactionnelle, d'une carence ou d'une chute héréditaire, ce qui aide vraiment et les signes qui doivent amener à consulter.

Une poignée de cheveux dans la brosse, d'autres sur l'oreiller, une bonde de douche qui se bouche plus vite que d'habitude : chaque automne, beaucoup de personnes constatent que leurs cheveux tombent davantage, et s'en inquiètent. Le plus souvent, cette chute est saisonnière, passagère et sans conséquence. Mais elle peut aussi révéler une autre cause qui mérite attention. Voici comment faire la différence, ce qui aide vraiment, et quand il faut consulter.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un dermatologue ou d'un pharmacien.
Combien de cheveux perd-on normalement ?
Perdre des cheveux chaque jour est normal. On estime en général qu'une personne perd de 50 à 100 cheveux par jour, parfois davantage les jours de lavage, quand les cheveux déjà détachés partent sous la douche. Le cuir chevelu en compte environ 100 000 à 150 000 : cette perte quotidienne passe donc inaperçue, car elle est compensée par la repousse.
Chaque cheveu suit un cycle en trois phases :
| Phase | Durée habituelle | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| Croissance (anagène) | Plusieurs années | Le cheveu pousse, c'est le cas de la grande majorité des cheveux |
| Transition (catagène) | Quelques semaines | Le cheveu arrête de pousser |
| Repos puis chute (télogène) | Environ trois mois | Le cheveu reste en place puis tombe, remplacé par un nouveau |
Pourquoi les cheveux tombent davantage en automne
Plusieurs études ont observé chez l'être humain un pic de chute en fin d'été et en automne. Une partie plus importante des cheveux entre en phase de repos pendant l'été, puis tombe quelques semaines à quelques mois plus tard. Le mécanisme exact reste discuté : l'exposition à la lumière et à la chaleur de l'été jouerait un rôle, comme chez de nombreux mammifères qui renouvellent leur pelage.
Cette chute saisonnière a des caractéristiques reconnaissables :
- elle est diffuse, sur l'ensemble du cuir chevelu, sans zone dégarnie ;
- elle dure en général quelques semaines, rarement plus de deux à trois mois ;
- les cheveux tombés portent souvent, à leur racine, un petit bulbe blanc arrondi, signe qu'ils ont terminé leur cycle normalement ;
- la densité des cheveux ne diminue pas visiblement, et la repousse suit.
Les autres causes d'une chute de cheveux
Une chute réactionnelle, deux à trois mois après un choc
Un événement marquant pour l'organisme peut pousser brutalement de nombreux cheveux en phase de repos. Ils tombent alors environ deux à trois mois plus tard, ce qui empêche souvent de faire le lien. Les déclencheurs fréquents :
- une forte fièvre, une infection, une grippe ou un Covid ;
- un accouchement : la chute du post-partum est très fréquente ;
- une intervention chirurgicale ;
- un régime amaigrissant sévère ou une perte de poids rapide ;
- un stress important, physique ou psychologique ;
- l'arrêt ou le changement d'une contraception hormonale, certains médicaments.
Cette chute est souvent impressionnante, mais elle est le plus souvent réversible : les cheveux repoussent en quelques mois une fois la cause passée.
Les carences et les troubles hormonaux
Un manque de fer, fréquent chez les femmes ayant des règles abondantes, certains troubles de la thyroïde ou d'autres déséquilibres hormonaux peuvent entretenir une chute diffuse et prolongée. Seule une prise de sang permet de le savoir.
La chute héréditaire
L'alopécie androgénétique est la cause la plus fréquente de perte de cheveux durable. Chez l'homme, elle dégage les tempes et le sommet du crâne ; chez la femme, elle élargit surtout la raie. Elle n'est pas liée à la saison : elle progresse lentement, sur des années, avec des cheveux de plus en plus fins.
Les chutes en plaques
Une ou plusieurs zones complètement dégarnies, rondes ou ovales, évoquent une pelade, une maladie auto-immune, ou plus rarement une infection du cuir chevelu. Cela justifie une consultation.
Les coiffures qui tirent
Queues de cheval serrées, tresses, extensions ou chignons très tendus portés tous les jours peuvent fragiliser les cheveux sur les tempes et le front.
Faire la différence
| Ce que vous observez | Cause probable |
|---|---|
| Chute diffuse en automne, durée de quelques semaines | Chute saisonnière |
| Chute diffuse et abondante, deux à trois mois après une maladie, un accouchement ou un régime | Chute réactionnelle |
| Chute qui dure, fatigue, ongles cassants | Carence, trouble hormonal possible |
| Golfes, sommet du crâne, raie qui s'élargit, cheveux plus fins | Chute héréditaire |
| Zones rondes complètement dégarnies | Pelade ou autre cause à faire examiner |
Ce qui aide vraiment
- Patience : une chute saisonnière ou réactionnelle se résout d'elle-même. La repousse demande plusieurs mois pour être visible, puisque les cheveux poussent d'environ un centimètre par mois.
- Une alimentation variée, avec suffisamment de protéines et de fer. Les régimes très restrictifs sont un facteur de chute.
- Des soins doux : shampooing adapté, démêlage délicat sur cheveux mouillés, séchage pas trop chaud, coiffures peu serrées.
- Un cuir chevelu protégé du froid sec et du vent, qui peuvent aussi assécher la peau comme celle des mains sèches et crevassées en hiver.
Quant aux compléments alimentaires « spécial cheveux », ils n'ont d'intérêt démontré qu'en cas de carence avérée. Pris sans raison, ils n'accélèrent pas la repousse. Mieux vaut faire vérifier ses réserves avant d'en prendre. Pour la chute héréditaire, des traitements existent, à discuter avec un médecin ou un pharmacien.
Les idées reçues
- « Se laver les cheveux souvent les fait tomber » : faux. Le lavage fait seulement partir des cheveux déjà détachés.
- « Couper ses cheveux les renforce » : faux pour la chute. La coupe améliore l'aspect des pointes, mais n'agit pas sur la racine.
- « Porter un bonnet fait tomber les cheveux » : faux, sauf s'il frotte ou serre fortement.
Quand consulter
Consultez un médecin, qui pourra vous orienter vers un dermatologue, si :
- la chute dure plus de trois mois environ ;
- les cheveux tombent par poignées ou la densité diminue visiblement ;
- des zones dégarnies apparaissent ;
- le cuir chevelu est rouge, douloureux, qui démange ou qui pèle ;
- la chute s'accompagne de fatigue, de troubles des règles, d'une prise ou perte de poids inexpliquée ;
- les ongles changent en même temps, deviennent cassants ou striés. Certaines marques sur les ongles restent toutefois banales, comme nous l'expliquons à propos des taches blanches sur les ongles.
Le médecin peut prescrire une prise de sang, notamment pour vérifier la ferritine, qui reflète les réserves en fer, et le fonctionnement de la thyroïde.
Questions fréquentes
Les cheveux tombés à l'automne repoussent-ils ?
Oui, dans une chute saisonnière ou réactionnelle, le follicule reste actif et produit un nouveau cheveu. Les petits cheveux courts qui apparaissent sur la ligne frontale quelques mois plus tard sont le signe de cette repousse.
Le stress peut-il vraiment faire tomber les cheveux ?
Oui, un stress intense peut déclencher une chute réactionnelle, généralement visible deux à trois mois après l'épisode. Elle est le plus souvent temporaire.
Les femmes sont-elles aussi concernées par la chute saisonnière ?
Oui, hommes et femmes peuvent l'observer. Chez la femme, une chute qui persiste mérite d'autant plus un bilan, car une carence en fer ou un trouble hormonal sont des causes fréquentes.
En résumé
Perdre plus de cheveux en automne est fréquent : c'est une chute saisonnière, diffuse, de quelques semaines, suivie d'une repousse normale. Une chute abondante deux à trois mois après une maladie, un accouchement ou un régime est souvent réactionnelle et réversible. Consultez si la chute dure plus de trois mois, laisse des zones dégarnies, ou s'accompagne d'autres symptômes : une prise de sang peut révéler une carence ou un trouble hormonal.
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