Le vote pour les législatives est prévu pour ce jeudi 4 mai mais a commencé aujourd’hui pour les Algériens de l’étranger. Un scrutin redouté par le régime tant la rue a montré un désintérêt total à son égard. On parle d’un taux d’abstention record, comment pourrait-il en être autrement ? Comment ce peuple pourrait-il encore croire qu’il vit sous un régime démocratique ? Comment ces mêmes « représentants du peuple » qui ont toutes ces années fait le jeu du pouvoir pourraient-ils cette fois-ci défendre ses intérêts ? On se le demande mais on se demande surtout si ce régime est sérieux …

Je n’ai jamais voté de ma vie. Ni pour une législative, ni une locale et encore moins une présidentielle. A bientôt la trentaine, des élections, j’en ai vues passer des dizaines mais je n’ai jamais voté, ni même demandé de carte électorale. D’ailleurs, je ne connais pas la couleur de ce papier qui dans certaines régions du pays fait partie des pièces exigées pour des demandes de logements sociaux, par exemple. Une sorte de chantage qui confirme la voyoucratie qui règne aux sommets de notre république couscoussière. Voter est justement ce geste par lequel nous sommes sensés pouvoir changer les choses mais qui est encore assez dupe pour croire qu’ils nous auraient donné ce droit s’il avait pu nous procurer un tel pouvoir ? Et je me rends compte que je viens de parler de « droit », nous l’oublions mais c’est en effet un droit civique. Ailleurs, aller voter est un acte citoyen fort. Nous ne retrouvons malheureusement pas la symbolique de ce geste en Algérie. Voter, ce droit dont nous aimerions tous nous délecter nous a été arraché comme tous nos autres droits. Cette liberté de choisir l’avenir de notre pays nous a été subtilisée comme toutes nos autres libertés. Que nous reste-t-il aujourd’hui ? A part vivre par procuration les élections aux Etats-Unis ou encore en France, suivre avec passion les débats, opter pour tel ou tel candidat, rêvasser à une Algérie démocratique, à des élections « réglo » … J’aurais tant aimé que ma voix compte. J’aurais tant aimé que mon bulletin pèse. J’aurais tant aimé être une citoyenne à part entière. J’aurais tant aimé que mon pays m’appartienne.

Là-haut, on ne recule devant rien et les appels du pied sont nombreux ces derniers jours. fidèles à leur gestion hasardeuse de cette petite épicerie du nom d’Algérie, c’est  à la veille du scrutin qu’ils nous exhortent à voter. Que ce soit Sellal ou encore ses sbires, tous nous dragouillent … Mais qui a voté pour eux déjà ? Qui les a mis à leurs postes ? Pas moi, ni vous j’imagine, alors quelle légitimité ont-ils à appeler au vote alors qu’ils sont eux-mêmes illégitimes ?! Ailleurs, le vote est une culture qui fait partie de l’ADN citoyen. Les gens sont habitués à voter, ils ont grandi et baigné dans une société où ils savent qu’ils ont le choix. Le but ici n’est pas de discuter ces choix, mais ils sont bel et bien là. Dans ces pays, même l’abstention devient un acte citoyen-politique fort de sens tant elle représente un sacrifice. Dans notre pays, l’abstention est surtout le signe de l’ état comateux d’une société en proie à l’isolement et à la déréliction. Une situation qui dure depuis plusieurs années et qui semble se perpétuer d’élection en élection sans l’ombre d’un changement à l’horizon.

Je ne parlerai même pas ici des candidatures de ces législatives ni mêmes des partis qui ont joué le jeu de la démocratie. Le théâtre est un art qui me passionne mais dans cette pièce que nous regardons se jouer depuis des décennies, le rideau ne veut pas se baisser. Alors regarder ces mauvais acteurs jouer ou même juger de leurs performances est une perte de temps que je ne nous infligerai pas. Alors qu’ils présentent des femmes fantômes sur leurs listes, que des ministres se présentent, que des candidats ne sachent même pas lire correctement, qu’ils promettent enfers et châtiments, tout cela m’est égal, je ne me ferai pas porte-parole de la médiocrité. Ces personnes n’ont aucune crédibilité tout comme les sièges qu’ils briguent et tout comme l’assemblée où ils vont siéger. Assemblée populaire nationale, dîtes-vous ? Celle-là même qui a voté une énième révision de la constitution, celle-là même qui a validé la loi de finances 2017, celle-là oui … Peu importe qui y siégera, elle ne me représentera pas. Et puis franchement, qui a parlé de « Représentativité » ? Tout ce que ce régime cherche c’est glaner un semblant de crédibilité auprès de ses partenaires internationaux. Garder la face, maintenir le statut quo, que chaque sbire garde ses avantages et que crève le peuple. Chers amis, nous ne sommes pas des bêtes de foire, refusons d’être la caution de garantie de ce pouvoir.

Pour ma part, je n’irai pas voter. Après tout, personne n’a jamais demandé mon avis. Je n’irai pas voter et je ne considère pas cela comme un choix. Franchement, nous a-t-on un jour laissé le choix ? #Mansotich

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