Que veut Abdelmadjid Tebboune ? La nouvelle est peut-être passée inaperçue, mais le Premier Ministre a bel et bien déclaré souhaiter ouvrir des « canaux de dialogue et de concertation avec l’ensemble du tissu national », incluant les partis politiques siégeant à l’APN et le tissu associatif, qui rappelons le est quasi inexistant, tant il relève du parcours du combattant de réussir à obtenir le droit de se réunir sous des conditions drastiques qui feraient reculer n’importe quel citoyen lambda. Cette déclaration intervient juste après le Conseil des Ministres où le « plan d’action » du gouvernement a été adopté. En quelques lignes il s’agira de renforcer l’État de droit, les libertés et la démocratie, ainsi que la consolidation de la bonne gouvernance, la promotion de l’identité nationale et la préservation de la mémoire.

Concernant les volets économiques et financiers, la modernisation des finances publiques et du système bancaire, l’assainissement de la sphère économique, la promotion de l’investissement et la valorisation de toutes les richesses du pays figurent parmi les axes de ce plan d’action. En d’autres termes, le gouvernement fait encore une fois preuve de démagogie, en annonçant des slogans creux qui ne veulent rien dire concrètement. A l’heure où d’anciens chefs de gouvernement à l’instar de M. Benbitour tirent la sonnette d’alarme concernant le futur du pays, en allant même jusqu’à parler de déliquescence de l’état, le Premier Ministre affiche un discours « boisé », qui ne trompe personne et qui signe la crise politique entre le peuple et ceux qui sont supposés servir ses intérêts.

Comment le gouvernement pense-t-il inverser la tendance de l’austérité sans proposer des plans de diversification de l’économie ? Comment prétendre renforcer l’état de droit quand tout se fait dans l’opacité la plus totale. Il nous est impossible aujourd’hui de faire de la prévision en Algérie tant il est impossible de savoir qui restera pour combien de temps à telle ou telle tâche.

L’instabilité et l’incompétence qui frappent le gouvernement depuis que le Président de la République est incapable physiquement et moralement de gérer les affaires du pays a de lourdes conséquences sur toute une nation, prise en otage par des individus dont on ignore si les motivations sont uniquement le pillage et le blanchiment d’argent ou si ce sont les limites de leur esprit que de raisonner de façon anachronique. Une classe politique d’un autre temps, avec des réflexes d’un autre temps à la tête d ‘un des pays les plus jeunes au monde en terme de population.

L’annonce d’Abdelmadjid Tebboune est belle et bien passée inaperçue car il est évident qu’un système en fin de cycle tentera le tout pour le tout pour se maintenir tant bien que mal, jusqu’à vouloir imposer une figure familière afin de fermer le jeu définitivement. Les partis politiques qui siègent à l’APN tels que le FFS et le RCD sont restés sceptiques face à cette annonce pour le moins saugrenue. Le MSP est d’accord, sans surprises. Les résultats de cette concertation seront discutés avec des « spécialistes » pour reprendre les mots du Premier Ministre.

Il serait judicieux à un an et demi des présidentielles, de faire de la place à l’avenir, aux plus jeunes, à ceux qui ont envie d’un avenir brillant pour leur pays, ceux qui désirent inscrire l’Algérie parmi les nations vivantes du XXIe siècle. Il serait judicieux de savoir partir paisiblement, lorsque la coupe est déjà pleine. Avant que cette jeunesse si meurtrie et si sage en même temps ne décide de mettre fin à ces mensonges et à ses slogans.

Tab dj’nankoum !

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