Dans sa chronique sur les brobros, qualificatif qui prend toute sa portée raciste sous la plume chawki Amari, qui s’en sert pour accuser les kabyles de racisme primaire, celui-ci s’essaye à un parallèle entre deux causes en usant grossièrement de préjugés racistes, et on se cachant derrière le droit international pour dissimuler ses convictions chauvinistes.

Il voudrait donc nous faire croire que ses convictions seraient plus légitimes que celles des kabyles parce que dans le système de pensée de celui qui s’adonne à la provocation pour booster les ventes du journal que clos sa chronique, la cause palestinienne est plus légitime que la cause kabyle car la première est régulièrement inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée générale de l’ONU alors que la seconde ne s’affiche que sur Facebook, même les médias algérien refusent de l’inscrire dans leurs programmes, c’est vous dire! Voilà donc que poinds la fascination maladive de l’intellectuel algérien aux grandes arènes du pouvoir.

En somme, pour rester dans les parallèles, la dictature érythréenne est moins grave que la dictature Nord-coréenne parce qu’après tout, vous avez déjà entendu dire qu’il y avait conseil de sécurité sur l’Erythrée? Non, jamais! Or, si les situations sont différentes dans les deux cas, la cause demeure la même. Dans le dernier exemple, il s’agit pas bien de deux dictatures, et donc de la cause de la démocratie et droits humains, et dans le premier, il s’agit bien de deux peuples auxquels on denie le droit à l’existence. Les moyens sont certes pas les mêmes, pas de la même ampleur et non plus de la même gravité, mais les résultats à terme ne peuvent qu’être pareils pour les deux peuples. Supposons, que contrairement aux incantations des extrémistes arabo-musulmans que Amari reproche aux kabyles de ne pas imiter, Israël finit par gagner le guerre et s’imposer comme État unique dans le territoire conflictuel.

Qu’adviendrait-il des palestiniens à terme? Certainement que réfugiés dans divers états dans lesquelles ils s’intégreraient progressivement, leur identité et culture s’effriterait et se réduirait le temps aidant à des démonstrations folkloriques sur lesquelles on danserait parfois, et sur lesquelles on pleureraient d’autres jusqu’à ce que un moment, plus personne ne comprenne ce qui est dit et que celles-ci rejoignent les archives de l’humanité que plus personne n’ira voir. Séparés et sans attache territoriale, sans promotion identitaire, être palestinien serait une origine puis lentement un arbre généalogique, voir une rumeur, un on dit que …

Essayez donc le même raisonnement avec des berbères dans un État arabisé qui leur refuse un droit à l’identité, à la parfaite maitrise de leur langue, de leur histoire. Vous verrez que le même raisonnement s’applique à quelques mots près (par exemple, réfugiés… enfin, j’ose espérer). J’en veux pour preuve que cette stratégie sournoise et moins révoltante que l’annonce d’un président américain (ben oui, les députés algériens n’ont pas les cheveux blonds brushingés, partant de là, pourquoi en discuter, voir manifester?) fait de tamazight est la 2ème langue menacée de disparition alors qu’elle a plus de 30 millions de locuteurs dans le monde, et ça faut le dire à Amari, c’est l’ONU qui le dit.

Ensuite, Amari reproche aux kabyles de ne pas hiérarchiser leurs souffrances, enfin leur souffrance par rapport à celle des autres en mettant la première tout en bas. Voyez-vous, il reproche aux kabyles de ne pas se plier aux dictats des pays dits arabo-musulmans qui veulent qu’on se déchaine dans les rues par milliers les pour palestiniens mais jamais pour soit. Oups, qu’est ce que j’ai dit, c’est en vertu du droit international, et nullement de l’islam ni de l’arabité que les algériens, égyptiens, tunisiens manifestement par milliers alors que les allemands et anglais achètent leur cadeaux de Noël fabriqués par des petits chinois qui ne savent pas encore que palestiniens et israéliens sont fâchés.

Enfaite, ce que Amari reproche aux kabyles, ce n’est pas d’avoir trop de passion, c’est que celle-ci ne soit pas adressée au bon peuple. Saprtisti! Moi qui pensait que charité bien ordonnée commence par soit-même. Mais attendez, je m’embrouille, si Amari demande aux kabyles d’être moins égoistes et d’être plus concernés par la Palestine au non du droit international, ne devrait-il pas demander aux arabo-musulmans d’être plus solidaire des kabyles au nom du droit des peuples autochtones qui est un droit international?!!! Ma foi, je n’y comprends plus rien! Réponse d’une kabyle qui s’occupera de l’explosion de la bombe atomique à Blida avant l’Aéropot d’Azazga et qui ne veut de tamazight comme langue officielle qu’en Afrique du nord.

Amel Azem, Doctorante

Partagez sur vos réseaux sociaux à partir de Chouf-Chouf.com !