Deux mois à peine après la nomination d’Abdelmadjid Tebboune au poste de Premier Ministre, la nouvelle tombe. Il a été limogé.

Un limogeage à la manière des Républiques bananières, pour des raisons obscures, par des canaux obscurs.

 Abdelmadjid Tebboune était Ministre de l’Habitat avant de se voir hériter le commandement des troupes ministérielles. A cette époque il bénéficiait du surnom pas très élogieux de « Kedboune » (menteur, à cause des programmes de logements sociaux insuffisants).

Quelques mois après, au détour d’une déclaration dont il ne mesurait probablement pas l’ampleur ( séparer l’argent de l’état), il se voit glorifié comme le sauveur de la nation. Des groupes de soutien ont émergé, proposant de le soutenir dans sa bataille contre la corruption personnifiée par le patron des patrons Ali Haddad et son mentor le petit frère du Président, qui au vu de la situation comateuse du Président de la République, hérite des prérogatives constitutionnelles de son frère.

Une chose qui n’a pas manqué de nous mettre la puce et à l’oreille et qui a été formulée par Noureddine Boukrouh, Abdelmadjid Tebboune, après avoir été limogé, réitère sa fidélité au Président de la République. Cela voudrait dire que ce n’est pas le Président de la République qui l’aurait démis de ses fonctions ?

Qui tient donc les rênes en Algérie ? Un président absent depuis 2012, des nominations et des limogeages à tout va. Des équipes ministérielles instables qui ne disposent pas de programme économique viable. Un programme à même de nous sortir dans la crise qui continuera de nous frapper de plein fouet.

selon les statistiques gouvernementales elles-mêmes, en 2015, les hydrocarbures représentaient toujours, en volume global, pas moins de 95% des exportations algériennes. Ils contribuent à deux tiers des recettes budgétaires et à un tiers du PIB. Une dépendance aux cours du pétrole contre laquelle met, avec l’obstination du désespoir, en garde le même FMI depuis des années.

Le manque de légitimité au sommet de l’état est l’élément d’inertie qui empêche le pays de mettre en place des réformes structurelles fortes, telles que la libéralisation du secteur privé, l’abandon de l’absurde loi du 49/51 qui fait fuir les investissements étrangers qui sont capitaux pour notre diversification économique. En définitive, l’Algérie souffre d’un vide politique sidéral.

Le Président de la République n’étant plus capable physiquement et mentalement de faire face à ses responsabilités en tant que chef de l’état, place le pays entre les mains de clans qui se déchirent au grand dam de la Nation.

Que reste-t-il donc comme marge de manœuvre à l’opposition ? A qui est-ce possible de s’adresser quand l’ensemble de l’équipe gouvernementale, députés y compris jouent le jeu de la stabilité à tout prix, en feignant de ne pas voir que le vide structurel est institutionnalisé.

Nous assistons étrangement à une entente tacite entre les appareils de l’état ligués contre les intérêts de la nation et du peuple. Un seul acteur, incontournable sur la scène politique nationale n’a pas encore fait de déclaration quant au destin de l’Algérie, la « Grande Muette », n’a pas encore pris position. Qui ne dit mot, consent.

Les réformes que l’Algérie attend et que l’Algérie devra appliquer à un moment donné ou à un autre sont celles de la libération du secteur privé, la lutte contre la corruption et le népotisme qui ont gangrené le pays, la résorption  du déficit extérieur ainsi que la lutte contre le chômage.

Un gouvernement fort est un gouvernement légitime. Il n’y a plus de légitimé historique qui tienne. Nous avons besoin de procéder à une transition démocratique progressive. Nous avons besoin d’une Présidence forte qui ne soit tenue par aucun clan, ainsi que des institutions au service des intérêts de la Nation.

Ahmed Ouyahia, a été pour la IV e fois nommé au Premier Ministère pour conduire un exécutif incohérent, sans cap et miné par la concurrence clanique.

A vrai dire, le choix d’Ahmed Ouyahia n’est pas une surprise. L’homme des sales besognes, comme la presse aime l’appeler a toujours su être disponible pour annoncer les mauvaises nouvelles au peuple sans jamais faire de l’ombre à qui de droit.

La nomination d’Ahmed Ouyahia ne porte en rien l’espoir de voir l’Algérie muer et avancer. Il représente le fameux statut-quo. Rien de nouveau sous les tropiques. Le sinistre feuilleton de notre lente chute se poursuit.

Et comme qui dirait… je fume du thé, je reste éveillé, le cauchemar continue…

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