Le 6 décembre prochain, le Président français Emmanuel Macron, sera en visite en Algérie. La première depuis son élection.

Avant de nous faire l’honneur de passer par la blanche , Emmanuel Macron a décidé de rompre avec les habitudes protocolaires de ses prédécesseurs et choisira le Maroc en première position.

Cela peut sembler anodin, mais les visites d’État suite à une élection, sont minutieusement arrangées, de sorte à rendre visite en premier lieu à notre favori, pour des raisons politiques, historiques, économiques. Tout dépend des circonstances du moment.

De toutes façons, même si le Président français avait décidé de se rendre à Alger, il n’est pas sûr que quelqu’un ait pu le recevoir… Le nouveau président est jeune, inconnu au bataillon des politiques en Algérie. Il fallait lire des signes positifs avant d’envisager plus, et Jupiter lui-même est associé aux pratiques divinatoires en sa qualité de maître du ciel.

Des signes, il y en a eus. Contradictoires parfois mais cela est l’apanage des politiques. D’abord, il vient à Alger, déclarer que la colonisation est un Crime contre l’Humanité. Soit. C’est une grosse déclaration qui risque de mener au pénal des survivants de la Guerre d’Algérie… du côté français.

La colonisation sera donc un Crime contre l’Humanité de manière informelle seulement. Et puis, Emmanuel Macron, vous ne faites pas de la politique jeune lorsque vous venez sur nos terres utiliser les mots qui sauront titiller les égos d’une partie de nos dirigeants.

Emmanuel Macron, qui allez-vous rencontrer le 6 décembre ? Allez-vous rencontrer votre homologue ? Car nous, ça fait longtemps qu’on ne l’a pas vus.

Allez-vous faire semblant devant les caméras et dire que tout va bien en Algérie, alors même que l’atmosphère s’est appesantie sur nos dos ?

Allez-vous comme votre prédécesseur, nous affubler du sinistre voile de l’alacrité ?

Et même si vous mentez au nez des algériens d’Algérie, aurez-vous le courage de mentir aux enfants dont nous partageons la garde ?

L’Algérie doit comprendre qu’elle ne peut compter que sur elle-même pour s’en sortir. Le Maroc, la France, l’Union Africaine, ne peuvent tourner autour de nous comme un état de grâce permanent. Je me demande combien de générations il faudra encore avant de nous investir dans l’édification du Grand Maghreb qui manque cruellement à notre intégration régionale.

Il y a des questions qui subissent le statut-quo depuis trop longtemps. Quand allons-nous mettre un coup de pied dans la fourmilière ?

Il y a des sujets qui fâchent avec le Maroc notamment. Des sujets qu’il faudra immanquablement aborder afin d’avancer dans la coopération économique et sécuritaire.

Dans la presse française, relativement à la visite de Macron, il m’a coûté de lire la presse de gauche à droite, dire qu’il faut faire attention et être équitables envers « les frères ennemis du Maghreb » , sous peine de crises de jalousie.

Le Maroc, depuis plusieurs mois est en négociation avec la CEDEAO, pour une possible adhésion. La Tunisie serait elle aussi intéressée. Qui peut en vouloir à nos voisins de souhaiter appartenir à un groupement régional et de bénéficier de tous les avantages  que cela offre ? ( marché commun, production, institutions politiques et sécuritaires).

Cette génération qui est actuellement en place en Algérie, même si elle se perpétue post-Bouteflika, par la magie du système, la désorganisation de la société civile et la servilité de la pseudo-opposition ; ne sera jamais capable de relever les défis qui attendent l’Algérie.

Pourquoi ? Par déconnexion avec les réalités de notre pays et plus globalement, des réalités de notre aire régionale. Fatalement, nous irons vers la normalisation des relations avec nos voisins, nous irons vers une intégration régionale qui s’appellera le Grand Maghreb ou l’Union des pays d’Afrique du Nord, pour peu que le nom soit inclusif et porteur d’espoir !

 

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