Juillet 2017, une jeune femme se fait filmer par un délinquant sexuel qui la torture seins nus en déblatérant des insanités à son égard. Dans une deuxième vidéo, la même jeune fille se voit obligée de se mettre la tête sous de l’eau sale et de dire des vulgarités, toujours sous la menace dudit pervers sexuel qui achève la scène en brûlant la poitrine de la victime avec un mégot de cigarette.

Ces scènes sont malheureusement trop nombreuses en Algérie. Nous avons eu à voir un violeur qui arrachait les vêtements de sa victime à Tiaret et voilà que cela recommence à Mostaganem. Que se passe-t-il dans l’esprit de ces mâles alpha ? Comment un sentiment d’impunité pareil peut-il émerger sans peur des conséquences ? Le pervers sexuel apparaissait visage découvert et narguait clairement les autorités en répétant qu’il ne craignait rien ni personne.

Cette jeune femme est probablement détruite psychologiquement. Aucune compensation ne saurait effacer ou amoindrir le traumatisme qu’elle a subi. La justice a été saisie et il faut absolument écrouer ce pervers afin d’éviter qu’il ne fasse subir cette torture à d’autres femmes. Voilà le sentiment de toute puissance nourri par la société ajouté à la sacralisation de l’ignorance. L’ignorance qui nous ronge et qui nous détruit à petit feu. L’ignorance a fait de nous des décérébrés incapables de raisonner autrement que par l’honneur de l’excroissance.

La pression que subissent les femmes en Algérie est à son paroxysme. Interdites d’espaces publics, scrutées, violées par le regard et parfois littéralement. Les femmes sont honnies, vues comme des diablesses, des sorcières, des manipulatrices, des êtres faibles, des êtres dont le cerveau est moins développé que celui des hommes, des demi-êtres mystiques, des objets sexuels, des vicieuses et tout le monde pourrait ajouter un adjectif qu’il a déjà entendu dans quelques discours rétrogrades de la propagande du phallus tout puissant.  Les cafés littéraires, les démonstrations culturelles, les artistes sont bannis. Vus comme un danger au règne sans partage de la médiocrité et de l’anarchie au sens tragique du terme. La violence des forces de sécurité ne s’abat que sur ceux qui rêvent de liberté et de progrès. Les délinquants et les malades mentaux, eux, agissent en toute impunité.

Certaines jeunes filles qui vont déposer plainte suite à des agressions sexuelles sont dissuadées d’aller au bout des procédures en leur rappelant qu’elles risquent d’entacher l’honneur des mâles de leurs familles. Il faudrait que le bureau des droits de l’homme récemment inauguré par le Directeur Général de la Sûreté Nationale soit sans pitié avec la mission des forces de l’ordre qui en aucun cas n’ont le droit de faire dans le moralisme. Ils doivent et sont payés pour protéger les victimes peu importe leur sexe, leur âge, leur religion, leur origine et leur couleur de peau. Il est impensable que dans l’Algérie du XXIè siècle des victimes hésitent à porter plainte suite à des violences sexuelles, physiques ou verbales. La loi doit être appliquée à la lettre sans faire peser sur la victime le poids de la pression sociétale.

 Il y a une sérieuse confusion des priorités dans notre société et le respect et le droit à la dignité est élémentaire. Cette jeune femme doit voir la justice s’appliquer sur le pervers sexuel qui l’a prise en otage et humiliée.

 Des associations de protection des droits des femmes devraient entrer en contact avec elle afin de la soutenir et de lui offrir les soins et le soutien dont elle a besoin. Il est évidemment inutile de mentionner la sinistre Ministre du Droit de la Femme qui serait incapable de comprendre et de gérer une situation pareille, elle qui ne rêve que de contenir la femme à son rôle… celui que les hommes ont dessiné pour elle.

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