Il y a quelques jours, une jeune femme a décidé d’aller se baigner dans une nouvelle plage artificielle située du côté de Batna (Parc aquatique Lombi). Jusque là l’acte semble banal, jusqu’au moment où les autres clients de la piscine la lynchent au point de lui faire quitter l’endroit en question.

 

Certains clients auraient du mal à voir des femmes se baigner en maillot de bain, leur tenue indécente ne cadrerait pas avec leur vertu. Les gérants de l’établissement ont cédé, d’autres témoignages affirment que ce n’est pas le premier incident de ce genre. Les femmes se font exclure des établissements pour éviter tout problème avec certains hommes et certaines femmes qui, dans le désir d’imposer leur façon d’appréhender la vie, obligent par la pression sociale qu’ils exercent tous ceux qui sont différents à se plier aux règles et à se fondre dans la masse.

 

Le motif qui a été invoqué quant à l’exclusion des femmes est souvent le même, « c’est un endroit familial », impliquant de facto que la présence d’une femme qui souhaite se baigner en maillot de bain est une prostituée qu’il faut chasser de peur qu’elle n’entache la réputation halal de l’endroit.

 

Au lieu d’exclure les clients qui ont importuné cette jeune femme, au lieu d’appeler la police afin de les évacuer et de les condamner pour la violence qu’ils ont exercé sur elle, c’est la victime qui a dû quitter les lieux avec toute l’humiliation que cela suppose et tout le traumatisme de se voir lyncher par des individus dépourvus de tout sens de la commune mesure.

 

Chaque frustré s’improvisera chantre de la vertu, bientôt ils porteront un uniforme et patrouilleront dans les rues pour vérifier que le voile de vos femmes n’est pas trop fin. Cela s’appelle la police des mœurs et cela existe déjà en Iran, en Arabie Saoudite, au Nigéria, en Malaisie, en Afghanistan ainsi que dans les territoires contrôlés par Daech.

 

Les libertés individuelles doivent être une ligne rouge, que chacun s’occupe de lui-même. Que l’on arrête de vouloir contrôler le mode de vie de son voisin. Personne n’a été mandaté sur terre pour jouer au gendarme de la vertu. Et qui vérifie les actes de ce gardien de la vertu ? Serait-il parfait ?

 

Dans un pays gouverné à vue comme le nôtre, ayant un taux de chômage parmi les jeunes avoisinant les 30%   , n’ayant pas réussi à se diversifier économiquement et qui peine à s’inscrire dans la pérennité par la bonne gouvernance, certains ne trouvent que la femme à attaquer en acceptant la corruption, le détournement de fonds publics, l’injustice et l’humiliation.

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