Il y a des dates comme aujourd’hui le 15 Février, des dates qui ne sont bien plus que des chiffres mais autant de lettres. Le 15 février 1995 fut assassinée Nabila Djahnine à l’âge de 30 ans. Architecte de formation et militante pour la cause des femmes. Cette bougie originaire de la ville qui en porte le nom a dérangé l’obscurantisme que les lumières ont toujours effrayé. Nabila était présidente de l’association Cri de femmes.

Elle était la pour rappeler que la femme Algérienne n’était pas destinée qu’à être une mère porteuse ou un simple petit esclave jouant le rôle de la courtisane. Elle était la pour rappeler que c’était un citoyen à part entière avec ses droits et ses devoirs. Elle était la pour rappeler que la révolution Algérienne était la première de par le monde a porter en son sein des femmes courages qui côte à côte avec les braves de ce pays se sont battues pour un pays libre.

Cette femme dérangeait les esprits rétrogrades qui ne pouvaient tolérer qu’un « être faible » puisse accéder à la citoyenneté à part entière, un être si faible au point de porter sur ses frêles épaules le poids d’une famille, d’un emploi et des enfants. Cet être si faible qui savait encaisser plus que quiconque au point de lui faire subir un code de la famille qui en faisait la moitié d’un citoyen.

Elle a poussé son cri Nabila ! Et ce cri a dérangé l’obscurantisme qui n’aimait voir en la femme qu’une courtisane qui ne fait guère de vagues. Elle a poussé son cri Nabila pour rappeler que la femme Algérienne est descendante de la Dihya première féministe de par le monde a démontrer qu’il n’y a nul autre différence entre un guerrier et une guerrière quand il s’agit de prendre position contre l’injustice.

Elle a poussé son cri Nabila à travers ces gènes de Fatma N’soumer guerrière qui s’est opposée au colonialisme. C’est les gènes de la liberté qui avaient parlé et elle l’a poussé son cri et son cri a dérangé. Depuis ce jour, le 15 Février n’est pas qu’un chiffre mais porte un nom. Celui du cri d’une femme Algérienne : Nabila Djahnine. Entendez le ! Il raisonne encore aujourd’hui et porte en lui tous les ancêtres de Nabila. De Tinhinane à la Dihya et à Fatma N’soumer jusqu’aux glorieuses Djamila de la révolution Algérienne et tant d’autres. C’est cette terre Algérienne qui enfantent des Hommes et des Femmes braves de ce pays. Fermez les yeux et écoutez ce cri. Il porte un chiffre : le 15 Février 1995 et il porte un nom : Nabila Djahnine !

Amira Bouraoui

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