Afin de faire bonne figure devant leurs maîtres, les patrons de la « presse indépendante » algérienne ne reculent plus devant rien. Eux qui passent leur temps à donner des leçons de bonne moralité à leurs lecteurs et à qui veut bien les écouter, ont transformé leurs quotidiens en propriétés privées où règnent les mêmes pratiques totalitaires du système qu’ils dénoncent.

La section syndicale du quotidien Liberté a été victime d’une attaque qui restera dans les annales de la presse algérienne. La direction de ce journal qui a notifié des décisions de licenciements abusifs aux membres de la section syndicale est allée très loin. Ils ont même fait appel aux matraques afin « d’évacuer » les locaux du journal. Suite à cet incident, une partie du personnel de ce quotidien ont entamé une « grève illimitée jusqu’à réintégration des membres licenciés abusivement, et la satisfaction totale de toutes leurs revendications socio-professionnelles ».

Les dirigeants de liberté qui n’ont pas trouvé une autre solution pour fabriquer leur journal suite à cette grève ont fait appel à leur « concurrent direct » pour faire le travail à la place des employés du journal Liberté qui étaient en grève. Oui, le journal est paru grâce à la direction d’El Watan qui a « forcé » des membres du service technique à travailler jusqu’à des heures tardives, nous informent des journalistes de cette rédaction qui réfutent leur implication dans la fabrication de ce « LibWatan » (une édition pleines de fautes, sans ours en plus, ce qui est contraire à la législation) comme l’appelle le syndicat de Liberté et qui ont manifesté leur consternation et mécontentement suite à cet acte irresponsable de la part de la direction d’El Watan.

Au delà de cet incident, cette grève lève le voile sur beaucoup de points et remet sur la table beaucoup de questions liées à la situation de la presse en Algérie. La presse est-elle vraiment indépendante et crédible ? La manœuvre des deux patrons des deux quotidiens Liberté et El Watan prouve que leur seul souci est de gagner des sous. Une manœuvre sans aucune valeur morale. Pire, c’est une attitude irresponsable et irrespectueuse vis-à-vis de leurs salariés qui maintiennent ces entreprises en vie.

Comment peut-on accepter de casser la grève de son confrère ? Est-ce digne d’un journaliste ? Non ! Comment expliquer le silence des journalistes mêmes d’El Watan, dont la majorité est connue, réputée pour son combat pour les libertés depuis des années à travers des écrits courageux ? Que va-t-il rester de la presse « indépendante », coincée entre les appétits des grandes fortunes ? Et en plus, des syndicalistes s’alarment du recrutement de « barbouzes » par la direction de Liberté pour « mater » les syndicalistes ! Graves dérives alors qu’on entend aucun soutien s’élever, ni dans les ligues ni dans les partis, à part le FFS qui prouve que c’est un vrai mouvement politique ! La gravité des atteintes juridiques, des complicités pour casser un mouvement de grève sans tenir compte du fait que des familles risquent de crever de faim, des agissements de milliardaires devraient interpeller toute la société qui compte beaucoup sur cette presse. Cette presse qui montre un visage hideux : le même que celui qu’elle dénonce !

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