La grande mosquée d’Alger : un projet pharaonique qui coûterait au moins l’équivalent de 20 hôpitaux

Elle va être belle, elle va être haute, elle va être gigantesque, la Grande Mosquée d’Alger qui, normalement, devrait être partiellement « livrée » à la fin de l’année, assurent les autorités. il faut dire que les chiffres sont édifiants : 3ème mosquée du monde par la taille et la contenance, elle pourra accueillir 120.000 fidèles et disposera d’un minaret de, tenez-vous bien, 270 m de hauteur, soit 30 mètres de moins que la tour Eiffel, à Paris, qui mesure 300m. Cet immense projet comprendra aussi, pour faire bonne mesure, une salle de conférences, un musée d’art et d’histoire islamiques, un centre de recherches sur l’histoire de l’Algérie, des locaux commerciaux, un restaurant, des bibliothèques et un parking de 6.000 places. Un projet pharaonique, donc, tant que le plan architectural que… budgétaire.

En effet, la Grande mosquée d’Alger, surnommée « mosquée Bouteflika » tant elle est née de la volonté impérieuse du chef de l’Etat, a, depuis le lancement du projet, accumulé les retards, mais aussi – et bien plus grave – les surcoûts. Dès le début, la barre a été placée très haut. L’idée était de construire l’une des plus imposantes mosquées du monde musulman, et surtout plus imposante que la mosquée Hassan II à Casablanca. Le minaret à lui seul doit ainsi dépasser celui de sa rivale maghrébine de 55 mètres pour culminer à… 265 ou 270 mètres.

Pourtant, rien ne s’est vraiment passé comme prévu. La zone géologique serait trop fragile et pourrait conduire à des glissements de terrain, d’autant que les fondations seraient très fragiles. Les maîtres d’oeuvre (désormais une société algéro-chinoise) ont changé sans raison apparente, ce qui a ravivé la crainte de corruption. Le bureau d’étude franco-allemand a été brutalement révoqué… Malgré les déclarations lénifiantes des autorités, les craintes et les polémiques se sont multipliées tout du long quant à la solidité tant matérielle que financière de ce projet titanesque. Ainsi, évalué à 1 milliard d’euros au début, le coût réel de la Grande Mosquée pourrait les dépasser allègrement et atteindre les 2, voire 3 milliards d’euros.

Mais voilà, l’Algérie n’est plus riche et n’a plus de ressources infinies. L’époque où les grands projets étaient financés sans ciller par la manne d’un pétrole dont le cours s’élevait à 100 voire 110 dollars le baril est révolu. Aujourd’hui le prix du pétrole oscille entre 40 et 50 dollars et le pays est en crise économique. Les revenus pétroliers ont ainsi chuté de 40% en 2016 et le déficit du commerce extérieur ne cesse de se creuser. La dépendance extrême du pays à l’égard de l’or noir crée une situation très délicate, et de plus en plus tendue pour les finances publiques. Le gouvernement prévoit d’ailleurs de réduire les dépenses, de faire des économies, et envisage déjà de rogner prochainement sur les dépenses sociales. C’est inévitable pour préserver l’équilibre, assure la Banque mondiale.

Dans ce contexte morose, le projet de la grande mosquée fait figure de lubie coûteuse et inutile. Si l’on prend le chiffre officiel d’1 milliard d’euros, c’est l’équivalent, peu ou prou, du coût de 20 hôpitaux à 50 millions dollars (le coût moyen d’un hôpital en Algérie est de 50 à 100 millions de dollars). 2 milliards, c’est 40 hôpitaux…

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