Economie : le gouvernement veut faire tourner la planche à billets

Dans son plan d’action, le gouvernement d’Ahmed Ouyahia s’est dit prêt à favoriser à titre exceptionnel des « financements non conventionnels » pour faire face au délitement des finances publiques.

« Des financements non conventionnels seront  mis en oeuvre à titre exceptionnel, En parallèle, l’État poursuivra  sa feuille de route pour la rationalisation des dépenses publiques en vue de la restauration de l’équilibre budgétaire dans un délai de cinq années. Conduites ensemble, ces deux démarches écarteront le risque de toute dérive inflationniste » est-il indiqué dans le plan d’action qui doit être présenté au Parlement.

Non sans lucidité, ce plan d’action a le mérite de reconnaître l’état de la situation : l’aggravation des déficits et l’épuisement de toutes les ressources qui ont permis jusque-là de les éponger, FRR (fonds de régulation des recettes) en tête. « Le recul de la fiscalité pétrolière a généré des déficits budgétaires répétés, entraînant la consommation de la totalité de l’épargne du Trésor qui était logée au FRR, épuisé en février 2017“ indique ainsi le document de présentation du plan d’action.

L’épuisement de ces ressources financières, en même temps que la poursuite de l’érosion des finances publiques en raison du prix des hydrocarbures, ne permettra pas en l’état d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2017 et 2018, reconnait le plan d’action. D’où la nécessité de trouver des modalités de financement complémentaires, dits « non conventionnels ». Il en existe traditionnellement au moins deux principaux : le recours à l’endettement extérieur ainsi que la planche à billets. Excluant l’endettement extérieur pour ne pas entamer la souveraineté du pays, Ahmed Ouyahia a privilégié le recours à la planche à billets.

Cette option, qui consiste à créer de la monnaie sans qu’il y ait de contrepartie de production, donc artificiellement, présente un avantage à court terme : celui d’offrir de la monnaie supplémentaire, donc des financements, aux agents économiques. Banques et ménages, grâce à ce surplus d’argent frais, pourraient ainsi se remettre à prêter, à emprunter, redynamisant par là le circuit économique. Cet avantage, pourtant, apparaît mince face aux inconvénients d’une création monétaire déconnectée de la réalité économique. Le principal risque, c’est l’inflation. Créer de la monnaie fait monter les prix, or l’Algérie se distingue déjà par une inflation importante (7%). Ce surcroit d’inflation va faire perdre du pouvoir d’achat aux algériens, mais aussi renchérir le coût des importations.

Pour de nombreux économistes, cette solution d’urgence présente bien plus de risques que d’avantages. C’est précisément ce type de décisions qui a conduit le Vénezuéla à sombrer dans une crise économique massive, qui s’apparente à un désastre.

Partagez sur vos réseaux sociaux à partir de Chouf-Chouf.com !

Posté dans Actualités, Économie


Premier media vidéo participatif sur l'Algérie

Autres vidéos

Rencontre avec Sofia Djama, la réalisatrice des « Bienheureux »

Rencontre avec Sofia Djama, la réalisatrice des « Bienheureux »

play button

La réalisatrice Sofia Djama, que nous avions rencontré l’an dernier à Paris, a été primée à la Mostra de Venise. Son premier long-métrage, « Les bienheureux », a en effet remporté le Prix de la Meilleure Actrice (Section Orizzonti) décerné à sa jeune actrice Lyna Khoudri. « Les bienheureux » raconte l’Algérie de l’après-guerre civile. Cette production franco-belge, avec (…)

Posté dans Actualités, Cinéma et TV, Culture, Fiction